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Tauromachie - L’ONU dit non à la présence d’enfants aux corridas

Il y a quelques jours, dans le cadre d’une session sur le thème des droits de l’enfant, l’ONU a exprimé son opposition à la présence et à la participation d’enfants lors de corridas. Une position défendue et saluée par la Fondation 30 Millions d’Amis.

« Une telle pratique est contraire à la Déclaration des droits de l’enfant ». Ce sont les mots du Comité international des droits de l’Enfant pour qualifier la corrida (5/2/14). Cet organe international de l’Organisation des Nations Unies (ONU) vient en effet de rédiger une recommandation adressée au Portugal, seul pays devant rendre compte cette année de la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE) à ce sujet.

« Violence physique et mentale »

C’est à la suite de la remise d’un rapport présenté par la Fondation Franz Weber - un organisme suisse spécialisé dans la protection des animaux - dans le cadre de sa campagne Enfance sans violence que l’ONU a exprimé, pour la première fois, une position officielle sur la présence des enfants lors des corridas. Dans son article 19, la Convention garantit en effet « le droit pour tous les enfants âgés de moins de 18 ans (garçons et filles) à un niveau de vie favorable à leur développement physique, psychologique, moral et social ainsi que l’obligation pour les Etats parties d’adopter les mesures assurant cette protection de l’enfant ». Pour Sara Oviedo, vice-présidente du Comité, « la participation d’enfants et d’adolescents à des activités liées à la tauromachie constituait une violation grave des articles de la Convention relative aux droits de l’enfant ».

Le Comité demande par ailleurs au Portugal de prendre des mesures législatives et administratives afin de protéger tous les enfants impliqués dans la formation et les spectacles de tauromachie, ainsi qu’en leur qualité de spectateurs. Il conseille aux autorités lusitaniennes - car il ne s’agit que d’une recommandation - de relever l’âge minimum de 6 à 12 ans pour assister aux corridas. Il préconise également la mise en place de « mesures de sensibilisation en rapport à la violence physique et mentale liée à la tauromachie et son impact sur les enfants ».

Position hautement symbolique

Ce véritable rappel à l’ordre international a particulièrement résonné aux oreilles des anti-corrida français : « Cette convention légitime le combat que nous menons depuis de longues années, explique Thierry Hély, porte-parole de la Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC). Elle montre que l’ONU, organisme suprême des droits de l’homme et du progrès social, reconnaît et condamne sans équivoque la violence de la corrida ». Une position hautement symbolique qui pourrait être de bon augure : alors que l’Espagne souhaite faire reconnaître la corrida au patrimoine mondial de l’Unesco*, comment l’organisme culturel de l’ONU pourrait-il désormais exprimer une position contradictoire ?

« C’est en inculquant aux enfants le respect de la vie sous toutes les formes (...) qu’ils deviendront des adultes meilleurs.

Reha Hutin

Comme le souligne le journal espagnol El Diario (5/2/14), ce positionnement pourrait en outre s’adresser à d’autres pays où la corrida s’exerce toujours en toute légalité : dans le collimateur des opposants à la corrida, les écoles taurines « où sont formés les tortionnaires de demain » rappelle Thierry Hély. En Espagne, où l’on dénombre plus de 40 écoles tauromachiques, aucun âge n’est requis pour intégrer ces dernières. Seule une autorisation parentale suffit. En France, il faut être âgé de 7 à 8 ans pour rentrer dans l’une des 8 écoles taurines : « Ces enfants sont exposés à une forme d’activité violente qui en outre présente des risques pour leur intégrité physique », rappelle la Sri-Lankaise Hiranthi Wijemanne, membre du Comité des droits de l’Enfant. Une condamnation sans appel de ces structures « éducatives » qui subsistent également dans certains pays d’Amérique Latine. « C’est en inculquant aux enfants le respect de la vie sous toutes les formes et le rejet de toutes les maltraitances et les cruautés envers leurs semblables et les animaux qu’ils deviendront des adultes meilleurs » s’est félicitée Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis.

La Fondation 30 Millions d’Amis, qui œuvre pour l’interdiction de ce spectacle barbare aux cotés de la FLAC, salue un positionnement responsable et courageux de l’ONU. Elle invite par ailleurs chacun à signer la pétition demandant le retrait de la tauromachie du patrimoine culturel immatériel de la France, qui a déjà réuni à ce jour près de 160 000 signatures.

Source : 30 Millions d’amis